UNDER

 

De Babak Anvari (Gbr-Jordanie-Qatar)

Téhéran, 1988. Shideh, mariée et mère d'une petite fille, va débuter une écolde de médecine. Son mari est appelé au front durant la Guerre entre l'Iran et l'Irak. Shideh se retrouve alors seule avec sa fille. Mais bien vite celle-ci commence à avoir un comportement troublant et semble malade. La mère se demande alors si sa fille n'est pas possédée par un esprit...

 

 

Nails

 

De Denis Bartok (Irlande)

Paralysée et prisonnière de son propre corps, Dana va faire la connaissance d'une présence
terrifiante qui adore faire ses ongles sur sa peau à vif…

 

 

Strangled

 

A martfüi rém de Arpad Sopsits (Hongrie)

La Hongrie, dans les années 1960. Suite à une série de meurtres atroces, la petite bourgade de Martfű est sous le choc. Tandis qu’un innocent, accusé à tort, est condamné pour des crimes qu’il n’a pu objectivement commettre, un tueur psychotique rôde dans les environs et continue d’assassiner d’autres jeunes femmes. Obsédé par cette affaire, l’inspecteur chargé de l’enquête subit la pression du procureur qui souhaite voir l’auteur de ces meurtres rapidement pendu.

 

Critique

Je pense que, comme l’an passé, le meilleur s’est offert à nous dès la première séance. Et là, on dit tant pis pour le retardataire de service qui était trop occupé à finaliser un sombre examen via une plateforme online à Cuesmes. Mais quelle idée aussi de reprendre ses études à près de 40 ans !

Unde The Shadow nous replonge, fin des années 80, à Téhéran pendant que la ville est bombardée sporadiquement par l’Irak. L’on suit la vie d’une petite communauté habitant les appartements chiches d’un même bâtiment. Dans cette réalité peu avenante, ils essaient de vivre tout de même dans cette morosité ambiante. Toute la première moitié du film installe le contexte sans la moindre incursion de fantastique dans la mise en forme. Cette structure, qui peut avoir ses faiblesses lorsqu’on présente son film dans un festival, trouve ici un très bon écho grâce à une superbe instillation de l’élément fantasmagorique : à savoir le mythe du Djinn. Notons que cette longue mise en chantier porte un nom : « slow burner »

On est donc dans un excellent slow burner qui mélange la grande histoire récente et nous en apprend un petit plus sur les légendes arabes autour du Djinn. Son côté facétieux qui finit par rendre dingue sa victime et toute la cosmogonie sur les Vents qui lui permettent de se déplacer. Didactique et angoissant ô possible ! Un très bon film au final. Avec une mention spéciale à l’héroïne, jouée par Narges Rashidi, qui sans jamais être affublée de tenue affriolante dégage un sex-appeal de tous les diables !

 

Nails, c’est le type de film « à gros sabot » qui mise tout sur les apparitions de son croquemitaine sans trop se préoccuper de toute les imbrications de son scénario. On sent que tout le budget est passé sur le design du monstre et qu’on va vous le servir à toute les sauces !  Et surtout à la sauce « Jump scare ». C’est-à-dire qu’il nous fera sursauter en survenant là où on ne l’attend pas. Voilà, cela reste efficace et les acteurs font assez bien le job mais je pense qu’au fil du temps le film se perdra dans les méandres de la mémoire du Bifff …

 

Strangled, sélectionné dans la section thriller, a le mérite de nous apposer une vision européenne du serial killer. Si vous voulez, on se trouve dans une sorte de Zodiac (réalisé par Fincher) avec son tueur qui sévit durant un très grand laps de temps mais, ici, l’on connaît de suite l’identité de l’assassin. De plus, et là réside le côté le plus dérangeant, le réalisateur autopsie formellement les motivations de l’assassin. Il n’hésite pas à filmer ses frustrations sexuelles lorsqu’il se retrouve avec ses victimes rigidifiées.

Il ne faut pas se voiler la face en omettant de souligner une réelle baisse de rythme dans le ventre mou du film (Laurent en mode « zzzzzzzz ») mais Strangled retrouve véritablement du souffle dans son final. Lorsque quelques détails viennent confondre le tueur, les enquêteurs   (et nous par la même occasion) se retrouvent dans un qui-vive haletant. Epilogue qui mènera tout ce petit monde vers une conclusion inéluctable (l’intrigue est tirée d’un fait divers). D’ailleurs son ancrage réaliste a quelques choses d’assez soufflants lorsqu’on remet ses pièces à place lors du générique. Et l’on se dit que les situations les plus improbables (le tueur se retrouve tout de même à essayer malencontreusement de piéger dans ses filets sa propre épouse !) peuvent tout de même avoir voix au chapitre lorsque réalité rime avec ironie morbide.

Ber