Curtain-Poster

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Curtain (USA) de Jaron Henrie-McCrea

Fatiguée de son rythme de vie, une jeune femme tente de repartir à zéro et emménage dans un nouvel appartement dont la salle de bain recèle un monstrueux secret : un rideau de douche qui ouvre sur une dimension parallèle…

El cadáver de Anna Fritz (Espagne) de De Hèctor Hernández Vicens

Anna Fritz, une actrice célèbre à la beauté troublante, vient de décéder. Trois jeunes garçons se faufilent jusque dans la morgue où Anna repose, afin de la voir nue. Fascinés par la beauté de la jeune morte, ils décident de lui faire l'amour avant ses funérailles.

GREEN ROOM (USA) De Jeremy Saulnier

Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

 

Avis:

Le programme était alléchant. Pourtant, à posteriori, il faut bien avouer que je sors un peu déçu de notre sempiternel Bifff-day. La faute peut être à des espérances un peu trop hautes en ces lendemains d'attentats terroristes bruxellois. Car on a tous faim de gaudriole, teintée de succédané d'hémoglobine, en ce printemps de tous les dangers.

Si on veut résumer succinctement, on s'est retrouvé face à un (très) bon petit film sans prétention. Puis à une sorte de resucée de « petit meurtre entre amis » (alors qu'on avait fantasmé une relecture du mythe du zombie sexy et vengeur). Pour finir sur une note prenant les attraits d'un « film de siège » bancal. Pas très glorieux tout çà….Je crois qu'il est temps d'un peu creuser cette addition pas très racoleuse.

Qui eût cru que le premier métrage, presque ajouté à la dernière minute, allait se révéler être une petite pépite bien taillée pour notre cher festival bruxellois ?

Car c'est armé d'un pitch très peu enjôleur que Curtain s'invitait chez nous. Au menu, juste une infirmière qui s'est mise en disponibilité et un appart miteux où seul un enchaînement de sifflage de bières bon marché permet à l’héroïne de ne pas trop penser à sa morne condition.

L'élément perturbateur prendra la forme d'un rideau de douche qui aura la fâcheuse tendance, à peine installé, à se volatiliser dans le néant ! Rien de bien folichon me direz vous. Mais le pragmatisme du benêt de service, qui prend ici les traits d'un collègue de la nurse, va pousser le film vers un souffle fantasmagorique qu'il ne quittera plus jusqu'à la dernière minute. Grâce à un humour assez omniprésent et un bestiaire de seconds rôles très bien sentis (cela va du concierge « à qui on ne ne la fait pas » à un trio d'illuminé persuadé d'être investi d'une mission divine). Jouissif. Et ce n'est pas la sorte de graine d'alien qui va venir poindre de son nez qui va le moins du monde tirer le film vers le bas.

Pour moi, le film se veut un hommage à les quelques excellents épisode d'X-files estampillés « Freaks of the week ». Et même si on peut lui trouver peut-être un léger manque d'ambition, le film a le mérite de faire le job dans les limites qu'il s'est imposées ! Respect !

Lorsqu'on choisit un métrage espagnol, on se dit qu'on ne prend pas beaucoup de risque. Tant les ibères ont apporté au genre ces dix dernière années. Malheureusement pour nous, cela ne peut pas rire à tous les coups. Maintenant, si on attribuait la palme «du film qui se pose là où on ne l'attendait pas » ; El cadáver de Anna Fritz obtiendrait l'or. On avait tous imaginé, au vu du pitch, que la nana sexy allait se rebiffer après avoir été honteusement violée alors que son cœur était arrêté ! Ben oui, on la voyait déjà revenir en mode « Walking dead » avec un appétit féroce. Un appétit monstre quelque part entre une ripaille de chair vengeresse et une cruauté emprunte de sexe débridé. Que nenni !

En réalité, on est face à un (semi) survival (ben oui, la fille n'était pas morte en fait!) où la victime s'échappe en mode slow motion. (elle a les muscle un peu rigidifié quoi) Et puis, quand elle a un peu repris du poil de la bête, elle reussira à manipuler un chouia le trio pour nous offrir une sorte de jeu de massacre dans un endroit confiné. Donc du pas très original dans un périmètre des plus étriqués en plus.

La tension psychologique n'est que très peu palpable et on finit assez vite par se lasser du destin de nos cocos espingouins. Encore un film qui va vite tomber dans les oubliettes du Palais des Beaux-Arts…

C'était déjà auréolé d'un certain succès d'estime (Blue Ruin) que Jeremy Saulnier venait présenter son dernier-né, Green Room. Une certaine attente semblait animer la salle, une attente totalement absente pour moi car n'ayant pas vu sa pépite de film de vengeance précitée.

Donc, ma déception n'en sera que plus modérée. Car de ce bad trip vécu par une petite bande de rockeur punk, je n'en retiendrai qu'un embrouillamini de situations hasardeuses parce que on a du mal à bien comprendre les enjeux précis des actes des Skinheads. C'était peut-être dû à la fatigue (j'en doute) mais je suis resté assez hermétique à cette intrigue qui n'avance jamais et qu'on devine finir dans un bain de sang tel un Dix Petis Nègres stylisé et moderne

Quand on additionne le tout (le sentiment de déjà-vu et le côté foutraque) et qu'on l'assaisonne d'une petite dose de ridicule (la caméra qui épouse sporadiquement le point de vue d'un chien!), on ne peut que constater le naufrage artistique.

Le Bifff, et nos yeux, ne méritaient pas çà…

Ber