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Mister Babadook (AUS) de Jennifer Kent

Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu'elle n'arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé 'Mister Babadook' se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le 'Babadook' est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations...

Haemoo (Corée du Sud) de Sung Bo Shim

Capitaine d’un bateau de pêche menacé d’être vendu par son propriétaire, Kang décide de racheter lui-même le navire pour sauvegarder son poste et son équipage. Mais la pêche est insuffisante, et l’argent vient à manquer. En désespoir de cause, il accepte de transporter des clandestins venus de Chine. Lors d’une nuit de tempête, tout va basculer et la traversée se transformer en véritable cauchemar…

 

From the dark (IRL) de Conor McMahon

Mark et Sarah partent en vacance en irlande La nuit tombant doucement sur la lande il décident de marcher dans la boue jusqu’à la ferme la plus proche, où un fermier solitaire les accueille sans le moindre enthousiasme. Au bout d'un court moment, Mark et Sarah vont finir par comprendre qu’ils représentent les pompes à nectar d'un vampire et que ce dernier fuit la lumière comme la peste.

Avis:

Le menu sera varié cette année. Trois films issus de trois continents différents. De quoi alimenter avec raffinement nos appétits toujours grandissants en bobines fantastiques. Trois longs métrages, qui, espérons-le,  auront la capacité d’étonner  nos mirettes devenues échaudées avec le temps…

Pourtant, à y regarder de plus près, force est d’avouer qu’il y a une certaine logique dans le choix des films. Logique totalement absente lorsque j’ai épinglé ce programme précis. C’est donc mon inconscient qui a du prendre les commandes pendant que moi, je recherchais simplement d’alléchants synopsis …

En effet, il y a comme un fil rouge tout au long de notre randonnée filmique. Un parfum d’isolement, prenant par moment des atours clausrophobiques, inonde l’ensemble des trois métrages visionnés.

C’est criant dans Mr Babadook avec ce cocon familial dans lequel est englué Amélia et son fils Sam. Cette mère courage  doit faire face à un enfant (que je qualifierai de difficile) et pour lequel elle voue un amour fusionnel et beaucoup trop protectionniste. L’arrivée d’un croquemitaine ne va pas arranger leur situation familiale désastreuse !

Déjà qu’ils ne croulaient pas sous les invitations vu leur potentiel « déconnade » assez limité, les deux malheureux vont finir cloitrés chez eux, hanté par ce Babadook. Esprit frappeur qui a décidé de quitter l’étroitesse de son livre d’image. L’incrédulité de la maman face aux terreurs nocturnes de sa progéniture va vite se muer en un déchainement d’une Amelia totalement sous le joug du croquemitaine. S’ensuivra deux ou trois scènes cultes où elle dira (enfin ?) les quatre vérités à son fils !

Film de facture assez classique qui se démarquer grâce à une très bonne interprétation des deux héros maudits. On pense très souvent à Freddy(Mr Babadook agissant presque exclusivement via des cauchemars) sauf qu’ici, la bête sera finalement domptée, chose qui aurait tout de suite tué dans l’œuf les probabilités de franchises à Elm Street !

Malgré des CGI un peu trop pixellisé quand le Babadook se déplace de tout son long, on a droit à quelques frayeurs bien senties lorsque ses apparitions se font sporadiques. Ce qui donne, au final,  un certain cachet à ce film sans prétention.

La première partie de Haemoo prend la forme d’un film comme tous les autres. Via une plongée dans une Corée du Sud populaire et plus précisément dans le quotidien d’une poignée de pêcheurs qui sont loin de rouler sur l’or. La mise en place est assez longuette mais j’avoue que cela se laisse suivre sans déplaisir.

Le film se base sur un fait divers réel où un capitaine d’un chalutier proche de la faillite accepte de transporter des refugiés illégaux chinois. Et c’est à ce moment là que le huis-clos va s’installer, nous happant par la même occasion dans un jeu de massacre inexorable suite à un accident mortel tuant l’ensemble des migrants. Sujet ô combien actuel pour nous européens  avec tous ces navires qui s’échouent au large de la Sicile.

Se posant en thriller sanglant, Haemoo remplit très bien son cahier de charge entre dépeçage de corps devenus encombrants et rivalité intestine qui se règle avec effusion de sang. Maintenant, cela ne casse jamais vraiment trois pattes à un canard et le final, qui se déroule quelques années après la tragédie, provoquera une levée de bouclier sentimentale (n-est-ce pas Priti ?) devant les vestiges de la relation qui unit les deux survivants du naufrage…

La dernière tranche horrifique de la journée utilise allégrement tous les codes du film d’horreur classique. Tout y passe : le couple parti en escapade amoureuse, le détour impromptu qui engendrera un isolement bucolique, la nuit qui tombe et la voiture en panne, le réseau gsm inexistant et la proximité d’une ferme semblant vivre en autarcie (habitée par un pauvre fermier qui a réveillé par mégarde un vampire séculaire !), la fille qui va se trouver des instincts de survie inattendus… N’en jetez plus ! Pour l’originalité, on repassera !

Maintenant on peut quand même défendre From the dark en arguant qu’il délivre quand même une marchandise pas si avariée. L’ambiance poisseuse est assurée avec cette ferme décrépie, théâtre quasi unique des événements, et grâce à quelques saillies inventives du scénario (la lampe de chevet, comme arme archaïque, déplacée au gré des prises de courant). Le mano a mano entre le couple et le fermier-vampire réserve quelques moments de frénésie dans l’action et est agrémenté de l’un ou l’autre rebondissement  (le garçon qui vire ou pas vampire suite à une blessure).

On est donc face à un film bien tassé  mais qui jamais n’apporte la moindre plus value  face aux innombrables films sortis dans la même veine. Sa vision reste ma foi assez agréable mais de là à perdurer dans la mémoire au fil des ans…j’en doute.

Ber