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Genre: Château hanté

Année : 1971

Durée : 102 minutes

L'histoire : Au siècle dernier, un journaliste accepte un pari avec Edgar Allan Poe. Celui consiste à passer une nuit dans le château hanté de Lord Blackwood lors de la nuit de la fête des morts…

A Propos du film : Inspiré d’une nouvelle de Poe (Night of the living dead), le film est un remake de « Danse macabre (1961) » du même Margheriti.

Ce « Edgar Poe chez les morts-vivants » est également connu sous le tire « Les fantômes de Hurlevent ».

Avis :

Il était un temps où les italiens régnaient en maître dans l’horreur. Pour conquérir le marché anglo-saxon, ils utilisaient des pseudos (ici Margheriti signa le film sous le nom d’Anthony M. Dawson) et se servaient de l’Angleterre comme terrain de jeu pour leur histoire horrifique.

Tout débute bien ici. Un Poe un poil dérangé du ciboulot ouvre le film. Klaus Kinski, halluciné au possible, prête ses traits pour investir le corps de l’auteur américain. L’arrivée d’Alan, le journaliste, en terre hostile est aussi remarquable. Entre la traversée d’un jardin sordide (des pierres tombales ornent les parterres) et l’entrée dans le lugubre château avec son architecture baroques et ses milliers de craquements suspects, le spectateur est entraîné juste là où le veut le cinéaste : au frontière de l’indicible !

Alan découvrira alors les nombreux hôtes de la demeure : deux jolies jeunes femmes, un soupirant nerveux ou encore un illustre médecin. Ces fantômes, vous l’aurez bien sûr compris, vont faire rejouer, pour notre héros, un passé dramatique dans lequel il aura un rôle obscur à jouer. Ou bien n’est-ce là qu’un jeu pour porter atteinte à sa santé mentale ?

Le drame à proprement dit est assez peu attrayant au final. Cette simple histoire de cocufiage qui vire au déchainement meurtrier est le gros point faible du scénario. On s’ennuie un chouia durant tout le déroulé du flashback grandeur nature.

Le film embrassera au final le mythe du vampire (le sang des vivants redonne vitalité aux fantômes) et le sort réservé au héros est, quant à lui, assez délectable (même si c’est un peu téléphoné pour le fan un tant soit peu attentif). La cupidité  d’Alan et son triomphalisme prématuré auront raison de lui.

Tout cela a forcément l’air décati à l’écran mais si on se donne la peine de se laisser happer dès le départ, l’âge de la bobine ne se ressent plus du tout. Encore deux choses à noter. D’abord la bonne idée scénaristique qui voit le médecin étudier les activités des fantômes, continuant même lorsqu’il en devient un lui aussi ! Et la présence de la marquise des anges (Michèle Mercier of course) à la distribution.

Un bulletin pas si mauvais pour ce film de facture ultra classique sans la moindre effusion de sang. 

Note : 13,5/20

Ber