incident 

The incident de Alexandre Courtes (Belgique-France)

Synopsis:

Washington, 1989. George, Max et Ricky sont des musiciens en herbe qui tentent vainement de percer avec cette niaque typiquement rock & roule ton joint. En attendant, comme ce ne sont pas leurs riffs de guitare qui vont payer le loyer, ils travaillent dans les cuisines d’un asile psychiatrique placé sous haute sécurité. Peu importe si l’endroit ressemble à un bunker nazi posé au milieu de nulle part, peu importe si la brochette de psychopathes sous sédatifs ne montrent aucune gratitude en recevant leur tambouille quotidienne, la paie est bonne et les risques minimes. Enfin, le risque zéro n’existe pas non plus, n’est-ce pas ! Alors, quand une tempête vient foutre en l’air tout le réseau électrique de l’asile, le dispositif de sécurité devient aussi efficace qu’un taser sans jus. Ce qui semble manifestement ravir nos boute-en-train frappadingues du bocal, puisqu’ils vont jouer à cache-cache avec les membres du personnel, façon je t’attrape, je te tue. Entre le carnage viscéral et la folie meurtrière, une chose est sûre : nos commis de cuisine risquent de faire Kafka dans leur froc…

 

Avis:

Issu du milieu du clip, le réalisateur français réussit, avec cette première œuvre, un petit film horrifique d’excellente facture. Les rockeurs nous sont tout de suite sympathiques, les chtarbés apparaissent directement menaçant et l’ambiance « huis clos sordide » est maintenue tout du long. Sans jamais sublimer le genre, le métrage distille de manière assez fluide son lot de frayeurs atmosphériques agrémentées de quelques fulgurances gores. Le cinéaste s’offre même le plaisir de clôturer sa bobine sur une scène ubuesque, ce qui n’est pas pour me déplaire. Pour faire court, ce film est une assez bonne surprise.

Ber

 

extraterrestre_nacho_vigalondo

 

Extraterrestrial de Nacho Vigalondo (Espagne)

Synopsis:

Quand il ouvre les yeux, Julio est sûr d’une chose : il vient d’expérimenter le black-out éthylique, la cuite ultime qui fait pousser les cheveux à l’intérieur du crâne. Il découvre alors un appartement qui n’est pas le sien et une créature de rêves, Julia, qui s’avale des Dafalgans comme une vulgaire boîte de Tic-Tac. Signe manifeste qu’elle aussi a levé le coude… avant de faire de même avec les jambes. Fort de sa gaule matinale, Julio aimerait bien remettre le couvert, histoire d’avoir un souvenir à jeun, mais Julia semble préoccupée par autre chose. Il y a something in the air, mais ce n’est pas de l’amour : Madrid ressemble à Silent Hill un dimanche d’hiver, les portables ne fonctionnent plus et, accessoirement, d’énauurmes soucoupes volantes ont remplacé les nuages dans le ciel… Julia panique, Julio nique pas et, moule sur la paella, le petit ami de Julia ainsi que leur voisin sociopathe décident de s’inviter à la fête. La rencontre du troisième type qui amène la pauvre femme au bord de la crise de nerfs, en somme…

 

Avis:

Même si le film épouse aussi, presque dans son entièreté, les contours du huis clos, on peut dire quand même qu’on navigue dans d’autres territoires que « The incident ». Ici, on est convié à une petite piécette de théâtre comique avec pour toile de fond une invasion extraterrestre. Suite à cette introduction, les limites du métrage sont d’ores et déjà balisées. Ce n’est pas que c’est mal fait mais on reste perpétuellement sur notre fin lorsqu’on s’était pris en pleine poire le superbe premier effort de Vigalondo (l’estimé « Timecrimes » et ses multiples voyages dans le temps). Tout est trop lisse jusqu’à l’appétit sexuelle de l’actrice Michelle Jenner (souvent gentiment dénudée). Cette particularité devait paraître subversive sur papier mais est totalement navrante  l’écran tant cela reste sur le ton de la comédie. En résumé, on ne passe pas un mauvais moment mais l’entreprise demeure futile et n’engendre pas le désir d’une seconde vision.

 

Ber