Machete_Poster_International

Genre: Vendetta sanglante

Année : 2010

Durée : 100 minutes

L'histoire : Piégé par ses propres employeurs, l’ex-flic devenu mercenaire, Machete, fomente sa vengeance. Vendetta qui le mènera tout droit à Torrez, baron mexicain de la drogue qui a assassiné toute sa famille par le passé…

Avis :

On le voit arriver avec ses gros sabots le sieur Rodriguez !

Il va nous compiler, sur cent minutes, un scénario à tiroir presque pas tiré par les cheveux (on s’en fiche car on sait qu’on est dans du bourrin pur jus !), nous en mettre plein la vue à un rythme effréné (ça explose à tout bout de champs et ça décapite à tout va),  en incorporant quelques thématiques sérieuses (l’immigration et la politique véreuse).

Le problème de ce genre de cinéma c’est qu’on a jamais l’occasion de savourer le plat tant le menu est copieux. Car il ne faut pas se leurrer, on est face, ici, à une sorte de resucée du Kill Bill de Tarantino. Là où Quentin prenait le temps d’instaurer son ambiance, Rodriguez joue à précipiter les événements jusqu’à une révolution attendue des laissés-pour-compte mexicains. Même le duel final (Danny Trejo VS Steven Seagal) est torché en un éternuement ! Pire encore, la dernière image du film est un copier-coller de la scène finale de Desperado, une des premières bobines du réalisateur !  Pour l’originalité, on repassera…

Dans pareil entreprise, la distribution peut tirer le film par le haut. Et il faut bien avouer, qu’ici, elle est cinq étoiles ! Pourtant les acteurs, aussi prestigieux soit-il, connaissent des fortunes diverses au point de vue qualitatif. Tout d’abord, on ne discute pas la légitimité du héros. Incarné par le roi du second rôle dans ce genre de film, Machete crève l’écran sous les traits de l’inénarrable Danny Trejo, véritable « gueule pour l’emploi ». Les rôles féminins sont eux aussi au diapason. Jessica Alba illumine le rôle de la fliquette sexy et obstinée tandis que Michelle Rodriguez habite son personnage d’activiste de l’ombre qui, tel un papillon diablement séduisant, s’ouvrira au monde extérieur en invoquant l’esprit du Che Guevara !

Ensuite ça se corse un peu. Don Johnson est méconnaissable et tout à fait imbuvable tandis que Steven Seagle, assez peu à l’écran in fine, se dépatouille pas mal. C’est Bob De Niro qui va faire pencher la balance du mauvais côté. Son personnage de politicien marron est assez intéressant au début pour partir dans la gaudriole, la moitié du métrage atteint. Dommage.

 

Sincèrement, on ne peut être déçu quand on sait à quoi s’attendre mais tout de même, Rodriguez devrait un tant soit peu évoluer dans la manière d’étayer les messages qu’il veut faire passer. En plus des actrices crevant l’écran, je voulais sortir une scène qui tire son épingle du jeu : un super saut de Machete du deuxième étage qui sera amorti grâce aux viscère d’un des tueurs à ses trousses ! Déjà culte à mes yeux !

Au final, tout le monde meurt, ou presque, pour un plaisir coupable qui se consomme en solitaire dans un recoin de la maison, pour ne pas subir les quolibets des gens un tant soit peu sensés !

Note ; 13,5/20

Ber