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genre: science fiction
année: 1975
durée: 1h25

l'histoire: Dans une société futuriste, le sport national est une course de voitures où les points se mesurent au nombre de passants écrasés.

la critique d'Alice In Oliver:

On oublie un peu trop souvent de le dire, mais avant le terrible Mad Max, un autre film de science fiction mettait déjà à l'épreuve des guerriers de la route.
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, La Course A La Mort de L'An 2000, réalisé par Paul Bartel en 1975, est également connu sous le nom des Seigneurs de la Route. Les amateurs du cinéma bis le considèrent souvent comme un film culte.
Il engendrera bien des années plus tard un remake, La Course à la Mort, avec Jason Statham.

A la production, il n'est pas très étonnant de retrouver ce bon vieux Roger Corman, toujours soucieux d'exploiter le filon de la série B avec des budgets dérisoires. Encore une fois, Roger Corman surprend et semble connaître la formule pour faire triompher des films au budget modeste sur le marché de la vidéo.
En même temps, la recette est simple: de la violence, des courses poursuites, des jolies filles et des nichons.

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Et La Course à la Mort de l'An 2000 n'échappe pas à la règle. Pourtant, il serait dommage de résumer uniquement Les Seigneurs de la Route à un film idiot et bourrin. L'air de rien, cette série B est beaucoup plus intelligente et subversive qu'il n'y paraît. Nul doute que l'ami Paul Verhoeven a dû s'inspirer de ce film pour ses long métrages réalisés pendant sa période américaine, notamment Robocop et Total Recall.

L'histoire du film se déroule dans un futur proche. Des automobilistes s'affrontent jusqu'à la mort dans un nouveau jeu télévisé, qui apparaît comme la dernière sensation du public. Mais pour remporter la course, finir premier n'est pas suffisant.
Il faut également tuer des gens sur la route, leur âge et leurs diverses aptitudes physiques donnant le droit à un certain nombre de points.
Et le public en redemande !

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Vous l'avez donc compris: La course à la mort de l'an 2000 est un véritable pamphlet contre la télévision américaine et ses dérives.
Il s'agit d'une critique de la téléréalité avant l'heure. On pourrait donc considérer La Course à la mort de l'an 2000 comme un film visionnaire, qui inspirera de nombreux longs métrages violents, cyniques et subversifs.
J'ai déjà cité Mad Max, mais comment ne pas songer également à Running Man ?

Là aussi, le public étend des slogans publicitaires et certains candidats participent réellement au jeu en mettant leur propre vie en danger.
Frankenstein (David Carradine), un conducteur défiguré après plusieurs courses, est la star du moment. Cet homme étrange et énigmatique se cache derrière un masque.
Frankenstein est le conducteur à vaincre et trouve un adversaire digne de nom en la personne de Mitraillette Joe (Sylvester Stallone).

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A partir de ces différents éléments, Paul Bartel brosse le portrait d'une Amérique fascisante. Pourtant, dans ce monde ravagé par la violence, un espoir subsiste et semble se trouver dans des actions terroristes menées par quelques révolutionnaires français. Certes, le propos du film peut paraître naïf.
Ensuite, malgré les bonnes intentions, cette série B n'est pas dénuée de défauts. Par exemple, l'impression de vitesse est franchement mal rendue.
Enfin, La Course à la Mort de l'An 2000 a subi le poids des années. Le film a plus de 35 ans au compteur et paraît un peu désuet aujourd'hui.
Toujours est-il que je préfère mille fois cette première version au remake des années 2000.